Interview d’Emmanuel Lecoz, homme de terrain pour l’UNPF

on Jeudi, 12 Mars 2015. Posted in Actualités

Vous l’avez probablement déjà rencontré : Emmanuel Lecoz est chargé de mission à l’UNPF. Toujours sur le terrain, il est là pour vous présenter l’UNPF et vous conseiller. Entretien à bâtons rompus avec un homme au service de la profession.

Depuis combien de temps travaillez-vous à l’UNPF ?

Voilà plus de 2 ans que je travaille pour l’UNPF.

Pourquoi avoir choisi d’y travailler ?

J’ai pris ce poste pour différentes raisons. L’entreprise pour laquelle je travaillais a déposé son bilan et dans le même temps, j’ai rencontré Ludovic Guisgand, le président de l’UNPF. Je connaissais déjà l’Union et les valeurs de protection vis-à-vis du métier d’Artisan Poissonnier correspondaient en tout point à mes idées de défense et de développement de notre métier.

Voilà pourquoi j’ai tenté l’aventure et pris un virage à 360 degrés après 25 ans de métier.

Tout ne s’est pas fait tout seul, il a fallu énormément d’efforts d’adaptation à ma nouvelle vie.

Une journée type, c’est quoi pour vous ?

Je n’ai aucune journée type ! Cela dépend notamment de l’endroit où je suis en France.

Si je prends l’exemple de Paris : lever à 2 h du matin pour aller au MINES de Rungis. Si je veux parler de l’UNPF aux Artisans Poissonniers, le minimum c’est de se lever en même temps qu’eux de façon à ce qu’ils sachent que, si je travaille en bureau, mon rôle est surtout sur le terrain.

Après un bref passage à l’hôtel pour douche et petit déjeuner je repars sur la route le plus tôt possible. Là je visite les poissonneries ainsi que les marchés pour deux raisons.

La 1ere est de leur présenter la fédération qu’est l’UNPF, de leurs expliquer à quel point il est important d’y adhérer.

En effet, s’il n’y a pas de fédération importante, les pouvoirs publics peuvent faire ce qu’ils veulent tant au niveau des taxes qu’au niveau des normes, sans que personne ne puisse s’y opposer.

Il est important d’avoir l’UNPF avec notre président Pierre Labbé qui lui est présent au niveau des discussions avec les ministères pour nous représenter. Notre corporation est de ce fait protégée.

Mon second rôle auprès des poissonniers est aussi un rôle de conseil vis-à-vis de la législation et des normes d’hygiène en vigueur. S’ils le souhaitent ils peuvent s’inscrire avec moi à des stages d’hygiène (obligatoire depuis 2006), dans lesquels il y a une partie hygiène, législation, écologie, économie, etc.).

Après avoir tourné la matinée (ce qui n’est pas facile car il faut savoir trouver les marchés, les magasins, se garer, tout en évitant de passer à un moment d’affluence afin de pouvoir engager une vraie discussion), je fais un bilan des rencontres, j’organise mon lendemain et je reprends la route.

Avant d’être chargé de mission vous étiez poissonnier, qu’est-ce que cela vous apporte dans votre travail d’aujourd’hui ?

Le fait d’avoir été moi-même poissonnier durant 25 ans me permet d’avoir le même dialogue que mes collègues, ainsi qu’une vision des réalités que l’on ne pourra jamais avoir en bureau

C’est un métier bien trop complexe, que l’on ne peut comprendre qu’en l’ayant pratiqué.

Cela m’est aussi très utile aussi durant mes stages d’hygiène. Je peux prodiguer un stage qui amène de vraies réponses à la législation en vigueur, facilement applicable à notre métier car expliqué par un vrai poissonnier de métier.

Ma satisfaction première est de voir que le dialogue entre l’UNPF que je représente sur le terrain et les poissonniers est ouvert et que les Artisans Poissonniers ont conscience de l’importance de l’organisation qui les représente.

Avez-vous vu le métier d’Artisan Poissonnier évoluer au cours de ces dernières années ? Si oui, dans quel sens ?

Notre métier est en pleine évolution mais reste attractif malgré la conjoncture économique plus que mauvaise ainsi que les difficultés de la pêche et bien d’autres soucis.

La clientèle, tous niveaux sociaux confondus, porte bien plus d’intérêt maintenant à la qualité des produits qu’ils consomment et savent bien que pour consommer de la qualité un Artisan Poissonnier est idéal car il a la connaissance totale du produit, a contrario des grandes surfaces.

Les émissions sur la malbouffe nous ont aussi été très utiles car elles ont mis avant la qualité du savoir-faire de notre métier

Pourquoi est-il nécessaire selon vous d’appartenir à l’UNPF ?

Etre adhérent à l’UNPF c’est savoir se protéger, et laisser Ludovic Guisgand s’occuper de notre métier pendant que nous faisons le nôtre.